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« Je suis un outsider » ; Interview avec le beatmaker Quicksox

« Je suis un outsider » ; Interview avec le beatmaker Quicksox

Quicksox

Quicksox, l’imprévisible a sorti son tout premier album « Abidjan Clout » le mois dernier (disponible gratuitement en exclusivité sur @boomplaysmusic).  Dans son langage argotique, le beatmaker nous donne un aperçu de sa lifestyle.

On vous connaît plus sous votre nom de Beatmaker “Quicksox” ! Dites-nous qui est en réalité Quicksox.

Je suis BALATE Bouam’man Sanita à l’état civil, né à Dapaong dans le nord du Togo un 14 mars. J’évolue dans le domaine de la musique en tant que producteur de musique. Fonction regroupant souvent des taches de beatmaking, composition, mixage etc. et qui n’est pas du tout à confondre avec celle d’un mécène dans la musique. Chose qui arrive souvent !  

Nos lecteurs seront très curieux de comprendre ce que cache le pseudonyme ‘’Quicksox’’

“Your Kicks Sucks” ce qui peut être interprété comme “Tes Grosses Caisses craignent”. Alors la petite histoire derrière, c’est que j’adore tout ce qui est « BASS » ; les Grosses Caisses en particulier. Plus elles cognent, plus je suis aux anges. Du coup je me suis dit qu’il fallait tirer mon pseudonyme de là.

En quelle année avez-vous débuté votre carrière ? Dans quel genre musical excellez-vous ?

J’excelle dans tout ce qui est musique électronique ou plus spécifiquement ce qui peut être qualifié de « Bass music ». Professionnellement ma carrière débute en 2011 quand j’étais en deuxième année d’université, 10 ans de charbon déjà hein ! MDR ! Mais bon on va dire j’ai commencé à m’intéresser à ce milieu de la composition depuis mon entrée au collège, 2004 environ. Je me rappelle qu’à l’époque j’avais dû troquer un baladeur CD offert par mon daron, plutôt rare à l’époque, pour un séquenceur audio. Fruity Loops Studio 4, une version Démo en plus !

Quelles ont été vos différentes collaborations dans ce domaine ?

RK, Koba LaD, Stanley Enow, Darkovibes, Black Brut, Cyanogène, Guen, pour ne citer qu’une infime partie et aussi tous les artistes que vous avez pu retrouver sur ma dernière sortie “Abidjan Clout”. En l’occurrence Fior 2 Bior, Widgunz etc …

Vous venez de lancer votre premier album intitulé « Abidjan Clout », pourquoi ce nom ?

D’abord, il est important pour moi de préciser que ce projet n’est pas un EP ou une mixtape ou ce que vous voulez… Moi je considère « Abidjan Clout » comme un album. C’est un travail sorti tout droit de mon cœur et du plus profond de mon être avec une ligne éditoriale précise.

Maintenant pourquoi Abidjan Clout ? La traduction en français veut dire « Abidjan Influence » et si vous écoutez bien, « Abidjan Influence » sonne comme un titre de coupé-décalé… En même temps, le Rap Ivoire puise son identité directement du coupé-décalé. Donc Abidjan Clout c’est « Abidjan Influence » en Anglais pour faire plus hype.

Combien de titres comporte-t-il ? Quelle est la petite anecdote derrière ces titres ?

L’album comporte 7 bijoux sonores comme les sept jours de la semaine. 7 comme chiffre de la totalité, la perfection et aussi un nombre premier très spécial. La plus marquante des anecdotes c’est que j’avais un deal avec le studio « Allo le Bled » de mon gars Cheick Aïdara et de base tout le projet devait se faire là-bas mais le jour de la session studio avec mes gars de l’Organisation (Widgunz, Lesky etc.) il pleuvait des cordes ; Cheick était injoignable et le studio était fermé donc nous avons dû l’attendre dans les escaliers à côté du studio…
Nous avions eu le temps de discuter de tout et de rien mais surtout de musique et je crois bien que ça nous a tous mis dans un bon mood. Ce qui fait que « Getting Money » a été très fluide. Nous avions composé ensemble et les gars ont tué ça au calme.

Pour quel titre avez-vous un coup de cœur très spécial ?

Je ne sais pas si les 2 s’accordent mais en toute objectivité et subjectivité, mon préféré est « Their Mother » avec Fizzi Marley. Je réalise des morceaux depuis une dizaine d’année et ce morceau s’est fait en 24h… Quand j’ai reçu la démo, je l’ai écouté pendant 24h MDR… sans écouter d’autres sons. Et ce genre de chose ne m’était plus arrivé depuis 5 ans. Donc j’ai su que ce son c’était une pépite.

Selon les dires vous êtes l’un des meilleurs beatmakers togolais du moment. Dites-nous, quelle est votre particularité ?

Je suis un outsider. Je surviens comme un miracle là où l’on ne m’attend pas. Cela doit être ma particularité et elle est toute naturelle.

D’où vous vient votre inspiration ?

De mon ressenti je dirai. Après c’est Dieu qui donne, tu connais !

Selon vous quelles sont les qualités d’un Bon Beatmaker?

L’écoute et la discipline.

Soulignons que la Côte d’Ivoire est votre pays d’accueil. Pourquoi avoir choisi la Côte d’Ivoire ? Quelle différence avez-vous pu remarquer dans le milieu musical entre votre pays d’origine et la Côte d’Ivoire ?

“Abidjan is the new Lagos” comme j’aime bien le dire souvent. La Côte d’Ivoire est la scène musicale la plus grandissante de l’espace francophone Africain et ça moi je l’avais flairé depuis mes débuts dans ce milieu. Le choix était donc évident au moment de faire le prochain ‘’move’’. 

La différence réside au niveau de l’ouverture d’esprit, la spontanéité et même de l’hyper Activité je dirai. J’adore les ivoiriens. Ils sont très chaleureux, Hospitaliers et surtout les acteurs culturels ont comme une dalle, une envie de tout prendre que je n’ai jamais connu dans tous les pays où j’ai séjourné. Abidjan est la plus douce au monde. Ça ne bouge pas !

Votre album est disponible sur Boomplaymusic, et téléchargeable gratuitement ; à quoi devraient s’attendre vos fans ?

Ils devraient s’attendre à découvrir tous les artistes présents sur l’album y compris moi-même sous de nouvelles facettes. Shout Out à Boomplay pour la confiance !

D’autres objectifs à court ou long terme ?

Enormément ! Mais je déteste être prévisible donc je m’arrêterai là.

Que pensez-vous du monde musical en Afrique ?

On va tout prendre et on n’est pas là pour négocier. Bisous. LOL

Quicksox est-il un coeur à prendre ?

Je garde mon cœur pour moi-même et Dieu.

Quel(s) conseils pour la jeunesse africaine qui veut exceller dans ce domaine ?

Faites des études. Aussi loin que vous pourrez et j’insiste là-dessus. C’est très important pour exceller dans n’importe quel domaine. Cultivez-vous et écoutez beaucoup mais pas trop aussi. Cela peut corrompre votre confiance en vos capacités.

Un mot de fin

Ce n’est que le début. No long talk, more actions. Ce qui veut dire moins de bavardages et plus d’actions. Soyez à l’affût, tout peut tomber à tout moment… Je suis un imprévisible comme le Tout Puissant lol ! Merci beaucoup MyAfricaInfos !!!

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