Au Sénégal, les produits de première nécessité en particulier ont subi d’importantes hausses ces derniers mois. Confrontée à la hausse des prix des produits de base, la ministre du Commerce, Aminata Assome Diatta, a convoqué les professionnels du secteur afin d’apaiser des tensions grandissantes.

Flambée des prix des produits de première nécessité, pénurie du sucre, la population sénégalaise est exaspérée de voir le coût de la vie augmenter sans que le pouvoir d’achat n’en fasse autant.

Nous remarquons sur les réseaux sociaux les lamentations de certains internautes : les hashtags #DundBiJaffeNa (« la vie est chère »), #Sonounaniou (« nous sommes fatigués ») et #Meunatouniou (« nous n’en pouvons plus ») ont fleuri pour dire cette exaspération.

Selon l’agence nationale de la statistique, les prix de la consommation au Sénégal se sont accrus de 1,2 % par rapport à 2020.

L’huile aurait ainsi augmenté de plus de 4 % depuis 2020, le sucre de plus de 3 %. Des augmentations que le gouvernement impute notamment à la situation sanitaire, qui a perturbé la chaîne d’approvisionnement, provoquant une hausse exponentielle des denrées de base comme l’huile, le sucre, le riz, le maïs ou le blé.

Le mardi 31 août dernier, la ministre du commerce, Aminata Assome Diatta, a convoqué une réunion du Conseil national de la consommation.  C’était une l’occasion pour le gouvernement de s’expliquer sur la hausse des prix et de rencontrer les acteurs du secteur (administration, douanes, impôts, associations de consommateurs, commerçants et industriels) ; mais aussi de désamorcer une situation potentiellement explosive.

Le conseil national de la consommation, qui ne s’était pas tenu depuis deux ans, a donc été réuni par Aminata Assome Diatta.

« Nous n’avions pas suffisamment de raisons de le convoquer plus tôt. Nous avions bien senti des tensions sur certains produits, comme l’huile ou le blé, mais il nous fallait observer cette inflation sur une période assez longue », a affirmé le directeur du commerce intérieur, Oumar Diallo.

L’objectif affiché par le ministère est de faire le point sur la situation du marché international et ses répercussions sur le marché local afin de trouver les solutions adéquates pour soulager les seize millions de consommateurs.

 « Cette pénurie est organisée. Les commerçants vendent leur sucre là où il y a le plus de bénéfices », a dénoncé Momar Ndao, le président de l’association de consommateurs Ascosen.

Selon lui, les commerçants et les compagnies sucrières exportent dans la sous-région.

La taxe à l’importation suspendue

Le 30 août dernier, le ministre des Finances, Abdoulaye Daouda Diallo, a demandé au directeur des douanes de suspendre la taxe conjoncturelle à l’importation appliquée sur le sucre raffiné importé, et ce jusqu’au 15 octobre prochain.

Flambée des prix-MyAfricaInfos

Selon ce dernier, c’est une manière d’atténuer l’effet de la hausse combinée du coût du fret maritime et des prix sur les marchés internationaux. Cette taxe instaurée par les douanes vise à amortir les effets des variations de prix internationaux sur la production nationale et à éviter les pratiques déloyales.

Une décision bienvenue, quoique tardive, selon Momar Ndao. « Chaque année, le Sénégal importe jusqu’à 50 000 tonnes pour compléter la demande nationale. Nous demandions de renoncer aux taxes sur ce sucre importé depuis des mois. » a-t-il déclaré.

Des concessions ont pourtant été faites par le ministère : suspension de certaines taxes douanières, baisse de la TVA sur certains produits.

« Le Sénégal n’a pas d’emprise sur le marché international. Nos leviers d’action portent donc sur les douanes. Aujourd’hui, le niveau de TVA est maintenu à 0 % sur le riz et ce sera la même chose pour la farine de blé, qui était déjà passée de 12 % à 6 %, ou pour l’huile végétale importée. », a justifié le directeur du commerce intérieur.

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