Les manifestations sont monnaies courantes en Afrique et entrainent souvent la destruction de propriétés et de biens surtout publics. Au final, on se demande si ces casses sont en fin de compte profitables à qui que soit ?

En se basant sur les réalités globalement connues sur le continent, dire que la démocratie en Afrique est encore à son étape embryonnaire ne serait pas une affirmation erronée. Dans une telle atmosphère, le surgissement des problèmes d’ordre politique, économique, social voire environnemental est un quotidien auquel font face les populations à travers les pays africains.

Cela dit, dans le processus de résolution de ces derniers, on assiste à une pluie abondante de manifestations qui arrose les rues. Cette méthode s’avère efficace dans la mesure où, c’est avant tout, un acte constitutionnellement prévu pour faire pression sur les autorités, et par extension, mettre en relief l’urgence qu’il y a besoin de répondre à une attente ou à une autre. Malheureusement, de nos jours, le mot  “manifestation” est devenu synonyme de violence et d’hostilités.

Quoique le continent africain ne soit pas le berceau des manifestations violentes; il faut reconnaître que ces mouvements d’humeurs suivis de casses sont de plus en plus recensés chez nous. Il faut par ailleurs déterminer les causes de ces manifestations d’humeurs.

Le caractère incontrôlable des manifestants.

Au mot “manifestation”, on a vite fait d’associer le scénario suivant : un groupe de femmes et d’hommes appartenant ou non à toutes les tranches d’âge, pratiquant une diversité de professions et souvent membres de la classe sociale moyenne qui marchent pour dénoncer une situation. Pour manifester leur présence, il n’est pas rare qu’ils ne fassent pas de bruit; clamant des slogans et scandant des mots à l’endroit des autorités incriminées A un moment, l’adrénaline monte de façon incessante et finit par déborder les limites.

La police, dans l’exécution de sa responsabilité, intervient pour calmer les choses en utilisant des méthodes que le public n’apprécie point et n’hésite donc pas à trouver à son tour des moyens de riposter. C’est là que ça barde ! Résultat: véhicules et bâtiments publics ou même privés se retrouvent endommagés.

La perception que les manifestants ont des autorités.

“Les zeph-là parlent, parlent seulement, les gens vont marcher et manifester tout au plus un mois mais la faim aura raison de leur détermination et ils vont négocier un lenga pour le président. On change l’exécutif et on reprend tout comme avant. Les marcheurs sont tous du secteur informel, ils ne tiendront pas trois jours. (Propos extrait de l’article de Hyacinthe Sanou). Ceci fut la déclaration d’un parlementaire, à la veille du 30 Octobre 2014, alors que les députés s’apprêtaient à tripatouiller la Constitution burkinabé afin d’éterniser Blaise Compaoré au pouvoir.

Ces propos dépeignent de façon succincte et justifient l’existence des préjugés que l’on a sur la posture des dirigeants africains face aux populations et aux manifestations. Ce caractère de “laissez-les, ils arrêteront de faire du bruit quand ils seront fatigués” rend les populations amères et les incitent à adopter des mesures radicales pensant que c’est la seule manière d’avoir une réponse à leurs demandes.

Les casses sont-elles profitables ?

Dans le cas burkinabé cité plus haut, la bravoure des manifestants leur a permis d’avoir ce qu’ils voulaient après que les parlementaires eurent pris la fuite en voyant les vitres du parlement se briser sous la pression des lance-pierres.

Toutefois, ce cas est un coup isolé. Est-ce que les manifestants gabonais ont eu ce qu’ils voulaient après les casses post-élections 2016. Les manifestations au Togo en 2005 ont-elles porté des fruits ? Et celles du Burundi en 2015 ?

Au contraire, les autorités n’ont que faire de ces manifestations et casses. Et malheureusement, c’est la même population qui souffre qui est encore mise à contribution pour reconstruire les biens détruits à travers les impôts et autres prélèvements. Et les autorités vont parfois jusqu’à contracter des prêts sur le dos des peuples au nom de la “reconstruction du pays”.

Une solution?

On est tous d’accord que les casses ne sont bénéfiques à personne et surtout pas aux populations. Alors au lieu de recourir à la violence, il va falloir que la nouvelle génération de manifestants cherche une alternative. Pourquoi ne pas donner plus de pouvoir aux pétitions?

Pendant ce temps, il est primordial que nos dirigeants prennent conscience du passage éphémère qu’est la vie. Ils doivent mettre leur mandat au service des populations au lieu de s’atteler à rembourrer leurs comptes en banque. Ils doivent ainsi trouver un moyen de “mettre les points sur les i” dans des conditions beaucoup plus appropriées.

 

Dayane komi TETEKPOR

Twitter: @Dayanekomih

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