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Le Tourisme Béninois souffre de l’inexistence d’un système d’organisation interne: des guides touristiques en font une préoccupation majeure

Tourisme Béninois-CGTAB-MyAfricaInfos

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Aux nouveaux problèmes, de nouvelles approches de solutions, dit-on. Alors que les hommes travaillent à trouver d’efficaces solutions à leurs besoins sur terre, un mal du siècle intervient et immobilise tout le monde. Corona virus s’appelle-t-il. Des secteurs d’activités en ont subi les pires conséquences. Le tourisme reste le secteur le plus affecté. Le voyage devient rare et/ou protocolaire. Sous d’autres cieux, des acteurs du tourisme, les guides en particulier, s’en sont sortis. Le ‘’e-guidage’’ s’était montré efficace. Mais, en Afrique, au Bénin, les guides se sont vus contraindre à un congé non rémunéré et à durée indéterminée. Les familles qui ne vivent que de cette activité en soufflent largement. Face à cette réalité inévitable et considérant les maux qui entachaient le guidage touristique en République du Bénin, des guides touristiques ont décidé d’agir autrement :

Réussir à s’unir afin de mieux vendre la destination Bénin.

Telle est la raison principale qui a réuni des guides touristiques et guides animateurs du Bénin du Mardi 1er au Dimanche 06 décembre 2020. Ces derniers s’étaient réunis dans le septentrion. KASSIM Sourakatou, communément appelé Sanny ou Vieux Père en est l’initiateur. Il est guide touristique avec plus de deux décennies d’expériences et propriétaire de l’établissement et agence de tourisme ‘’Le Bélier’’ situé à Natitingou au Nord du pays. Avec ce dernier, MyAfricaInfos fait un retour sur événement histoire de découvrir l’impact d’une telle rencontre sur la fonction du guide touristique en République du Bénin.

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Pour une corporation qui se veut sérieuse, les membres doivent obligatoirement parler d’une seule voix afin d’agir pour l’amélioration des conditions de travail des uns et des autres. Ayant longtemps évolué en singleton ou par groupe d’intérêt, les guides touristiques du Bénin ont sifflé la fin de la récréation. Le tourisme, un secteur à ne pas négliger dans la construction de l’économie d’un pays, a pendant longtemps, été parent pauvre des priorités des différents régimes qui ont dirigé le Bénin. Ainsi, devient guide touristique, qui veut et non, qui en a les capacités. Cette manière d’évoluer a longtemps fragilisé le secteur. Mais, depuis 2016 avec l’avènement du gouvernement de la rupture, les choses semblent mieux aller. Le secteur devient une priorité même s’il reste à faire.

Prévoyants, les guides touristiques ont compris qu’il fallait vite se mettre dans la dynamique du gouvernement. Ce qui ne pourra jamais être possible en étant désunis. La naissance d’une vraie association ou d’un infaillible collectif des guides touristiques devient une priorité. Et c’est à cet exercice que les guides venus de plusieurs communes du pays se sont donnés du Mardi 1er au dimanche 06 décembre 2020. Ils étaient en visite dans le nord du pays. Pour KASSIM Sourakatou, guide touristique et responsable de l’établissement ‘’Le Bélier’’, ce rassemblement a deux visées très importantes.

D’abord, nous confie-t-il : « Malgré tout l’effort et la communication que fait le gouvernement pour développer notre pays et en faire une destination touristique attrayante,  nous devons faire face à une crise sanitaire mondiale. Dans le Nord, nous devons en plus de cela,  faire face à la peur engendrée par l’instabilité qui règne dans les pays limitrophes, le Burkina Faso et le Niger. Je me suis beaucoup questionné sur le comment faire pour rebondir face à cette crise que traverse le tourisme, comment promouvoir mon pays et donc,  comment développer mes activités. Interrogations que seul, je ne peux mieux répondre. C’est pour cela j’ai jugé bon qu’il y ait des jours de réflexions entre mes collègues et moi dans un cadre totalement calme et inspirant. C’est ainsi que nous avons porté le choix sur le nord du pays ».

Organiser des jours de réflexions entre guides touristiques au Nord du Bénin, n’est pas seulement à cause du cadre naturel qu’offre la région. KASSIM Sourakatou poursuivait un objectif très précieux et indispensable pour tout guide qui se veut national. Le promoteur de l’agence de tourisme et complexe hôtelier ‘’Le Bélier’’ s’explique : « Les guides réunis à ces rencontres sont pour la plupart, ceux qui prestent sur les différents sites touristiques du sud-Bénin. En effet, ce sont eux, qui ont un premier contact direct avec le touriste et qui peuvent ensuite l’orienter vers d’autres découvertes. Pour cela, il faut qu’eux-mêmes connaissent les richesses de notre pays dont le Parc National de la Pendjari et la route des Tatas font indéniablement parties. Concrètement, avec notre véhicule de trente places, l’établissement ‘’le Bélier’’ a fait    voyager deux groupes de quinze guides touristiques venus de Ouidah, Grand-Popo, Porto-Novo, Adjarra,  Abomey et de Bohicon ainsi que tous les guides de l’office de tourisme de Koussou (route des Tatas). Sur les six jours,  une journée entière était consacrée à la découverte du parc de la Pendjari. L’objectif est de leur donner le goût du Nord-Bénin afin de s’assurer qu’ils amènent très prochainement, des visites vers le Nord après les circuits du Sud. C’est tout le pays qui en sortira grand. »

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Après six jours de vivre-ensemble, les fruits ont tenu les promesses des fleurs se félicite KASSIM Sourakatou : « C’était avant tout, un séjour d’échange et de partage pour que tous ensemble, nous puissions parler et donner envie aux futurs voyageurs qui voudraient découvrir le Bénin dans son entièreté. Les guides ont ainsi pu partager et discuter sur leur manière de fonctionner. Echange, cohésion, découverte et partenariat étaient au rendez-vous. »

Dans les jours à venir, à quoi doit-on s’attendre avec les guides du Bénin ?

Nous nous sommes rendus compte que nous avions tous un rêve en commun qui, je l’espère, deviendra une réalité dans ces prochaines années. Nous avons à cœur que les béninois découvrent leur pays, qu’ils soient fiers du pays dans lequel ils vivent, fiers de leurs racines et de leurs cultures. C’est vrai que voyager a un coût, mais voyager en groupe permet de faire diminuer le prix et rendre ainsi accessible le tourisme. Désormais, nous guides touristiques voudrions travailler à mieux nous réunir et unir pour que rayonne la destination Bénin afin que le guide vive de sa profession. Communiquer, parler de notre expérience et notre vécu seront désormais les armes de notre cheval de bataille.

Visite terminée. Tout le monde descend. Quels sont les défis qui attendent les guides touristiques du Bénin?

Nous sommes en train de vouloir redonner vie à notre Collectif des Guides de Tourisme et Guides Animateurs du Bénin  (CGTAB) car, tous ensembles, nous avons compris qu’il est indispensable d’avoir une cohésion au sein de notre profession. Il faut que l’on se prenne au sérieux. Le guide touristique est un conteur d’histoire ; dans une zone géographique donnée, il est capable de parler des pierres, des murs, des monuments, des rues pour en dévoiler les secrets. Grâce à lui, le visiteur découvre une ville, un quartier,   un espace. Il a une mission d’encadrement par la planification des temps de visites, le choix des lieux de pause et de restauration. Le guide a un rôle de terrain mais surtout, un énorme rôle dans la préparation du circuit qu’il propose à son client. Chaque circuit proposé doit être personnalisé, adapté à la personne qui en a fait la demande. Un guide ne peut pas s’approprier seul le client. C’est un ensemble d’acteurs qui vont gravir autour de lui.

Il nous faut de véritables occasions de renforcement des capacités des uns et des autres. Des écoles de tourisme sont en train d’être créées.  Nous devons nous battre pour faire reconnaître nos compétences. Nous n’avons pas le diplôme mais nous avons l’expérience du terrain que nous nous devons de partager aux futurs professionnels et unir nos forces avec eux pour faire un travail irréprochable et professionnel sur le terrain. Mon pays, Mon Bénin le vaut bien.

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En réalité, une chose est d’avoir des idées, mais, la plus importante, c’est d’être soutenu. C’est donc le moment pour KASSIM Sourakatou de remercier la Direction des Affaires et de la Promotion du Parc de la Pendjari et l’Office de Tourisme de la route des Tata. Car, « J’ai eu l’idée, j’ai pensé, j’ai développé le projet et je l’ai vulgarisé. Mais, sans eux, malgré toute la communication faite autour, je ne me vois pas enregistrer une telle réussite. Avec la Direction et l’Office, l’organisation a eu des accès et des facilitations sans lesquels, le séjour ne se ferait historique. Du fond du cœur, je leur transmets juste mes mots de gratitude. Ensemble, on bougera des collines. Je n’oublie personne. Des confrères Guides aux Responsables des divers sites qui nous ont accueillis sans oublier, tous les autres soutiens, je dis sincèrement merci. Nous ne l’avons pas fait pour nous, mais, nous marquons juste l’histoire de notre temps et des générations en bénéficieront » nous confie le responsable de l’Etablissement ‘’le Bélier’’. Et c’est cela le piège qu’il ne faut jamais négliger en de pareilles occasions : l’impact de l’union de tous autour des idées de développement. La réussite en toute chose vient d’abord de la volonté de mieux faire. Les guides ont pensé et ambitionnent de faire. Cela nécessite que les actes se joignent aux paroles. L’engagement des uns et des autres ne fera que renforcer cette envie de mieux faire. Seul le Bénin en gagnera car, chacun en aura pour son compte.

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Angelo Alapini

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