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Florence Elomo Akoa: remettre les Africains au-devant du cinéma

Des relations internationales au cinéma, en passant par le journalisme, le parcours de Florence Eloma Akoa, une Française d’origine camerounaise, ne manque pas de rythme, voire de cadence. Cette titulaire d’un Master en production audiovisuelle est porteuse d’un projet ambitieux pour les peuples Afro: faciliter la production de films issus d’Afrique pour remettre l’Homme noir au cœur de la scène. 

Le déclic se passe en 2015. Au Congo pris dans la fièvre d’un referendum sur l’éligibilité de Denis Sassou Nguesso comme dans bien d’autres pays en Afrique, des populations, et particulièrement des jeunes, se soulèvent contre des régimes peu démocratiques. Les tirs surgissent. D’honnêtes et dignes Africains meurent sous les balles. Celle qui a vu le jour au Cameroun il y a 40 ans avant de le quitter à 5 ans pour l’Hexagone est émue. Elle veut traduire, sur le champ, son impuissance en images. Un ami cinéaste congolais, Glad Among Lemra, réagit sans attendre et lui revient trois jours plus tard avec l’idée d’un court-métrage dénommé “$ilenc€” et qui se met tout de suite en course pour la 25e édition du Fespaco. Depuis ce film qu’elle a produit, Florence Eloma Akoa, passée par le journalisme et l’étude de la science politique au Québec, ne cesse de multiplier les initiatives pour concrétiser son projet qui lui est cher: faciliter la production des contenus cinématographiques et audiovisuels d’inspiration afro-descendante.

Après avoir tant subi, l’Afrique doit à présent imposer son cinéma

Spectatrice par endroit, l’Afrique doit tout mettre en œuvre pour donner à voir ses productions cinématographiques. «Les exemples ne manquent pas: Alains Gomis, Mati Diop, Cheikh Oumar Sissoko et Guy Désiré Yaméogo existent, mais il faut davantage mettre l’accent sur la création d’écoles de scénaristes, la professionnalisation du métier d’acteur et la création d’histoires fortes pour peser davantage sur la scène internationale au même titre que le cinéma occidental avec ses plate-formes gigantesques telles que Netflix», dit-elle. Et ces préoccupations sont au cœur de son vaste projet intergénérationnel de mise en place d’un complexe de studios de production pour les cinémas afro-français, africains et afro-descendants. L’ancienne collaboratrice du Président d’Euronews est déjà en avance et a même contacté un investisseur au Nigeria pour le financement d’une telle ambition qui devrait mobiliser 2 à 3 millions d’euros. Pour Florence Elomo Akoa, l’impératif d’amener l’Afrique à imposer son image sur la scène cinématographique internationale devrait convaincre tous les investisseurs à s’impliquer pleinement dans le projet d’autant plus qu’il veut, au final, construire un écosystème. 

L’Afrique de l’Ouest pour accueillir le projet

En attendant d’avoir les fonds nécessaires, cette passionnée de documentaires pense aux premières ébauches avec le choix du terrain. «Nos studios de production devraient s’installer en Afrique de l’Ouest», explique-t-elle avec des préjugés favorables pour le Sénégal qui dispose, à ses yeux de bonnes infrastructures, le Togo dont une de ses partenaires est originaire ou encore le Ghana où le cinéma d’animation fait déjà un carton. Le cinéma est une industrie qui marche en Afrique, assure la Franco-Camerounaise qui précise qu’il constitue les 1,2 % du PIB au Nigeria avec Nollywood en plein développement. D’ailleurs, depuis 2009, ce géant africain est la deuxième puissance cinématographique au monde en nombre de films produits par an estimés à 2000 films vidéos, ce qui place le pays bien devant les Etats-Unis d’Amérique et juste derrière l’Inde. Seulement, au lieu de réinventer la roue, le continent peut s’inspirer de ce qui se passe ailleurs pour avancer dans l’industrie, estime la productrice et fondatrice de la structure A-Kwandies basée en France. 

Il faut assez d’Africains au cinéma

Enfant de la télé, folle des films et documentaires, Florence Elomo Akoa connaît suffisamment le milieu et estime que les hommes et femmes africains ne sont pas présents dans le cinéma international comme il se devrait. D’où son projet d’ouvrir l’industrie aux acteurs du continent à travers des formations accessibles et des infrastructures de qualité. Et cette vocation, elle s’y met avec professionnalisme et rigueur auxquels elle a longtemps habitué sa plume pendant les années où elle écrivait dans la presse régionale en France et pour le site Afrik.com. La native de Bikop, ville située à quelques kilomètres de Yaoundé, a même mis en place un magazine spécialisé dans les sujets généralistes, mais n’était pas vraiment consciente qu’elle entrait lentement, et sûrement dans l’entrepreneuriat. Née d’une maman au foyer et d’un père travaillant dans la fonction publique, elle ne cache plus son envie continue de bâtir un cinéma africain performant et percutant. Bien sûr, aujourd’hui, cette maman d’un garçon compte aller au-delà de son mètre soixante-treize pour servir davantage l’Afrique qu’elle a quittée très tôt avec ses parents venus s’installer en France. Ses rapports avec le continent ne se limitent pas seulement au Cameroun. Elle se rend régulièrement au Mali d’où vient son époux, en plus du Sénégal, du Nigeria et du Burkina Faso, grand pays de cinéma. 

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