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Bénin / Un village de conte pour perpétuer l’art de l’oralité

Initié par l’artiste comédien et conteur Fidèle Anato alias le BAOBAB, le village de conte Adjrou’houé est à la fois un lieu de prestation, un centre de formation sur l’art de conter à la manière africaine et une bibliothèque jeunesse.

Bonjour l’artiste ! Parlez-nous du Village de Conte ADJROU’HOUE ?

Village Adjrou’houé Benin

Lieu d´échanges sociaux et intercommunautaires basés sur les Arts et la Culture et né en 2013-2014, le Village de Conte Adjrou’houé est un espace culturel décentralisé situé dans le Village d´Agonmè dans l´arrondissement d´Akassato, Commune d´Abomey-Calavi au Benin.C’est un projet de médiation socioculturel de promotion et de valorisation des arts et du patrimoine dans leur pluralité pour une plus-value touristique et économique. Il est la matérialisation d´un rêve de pérennisation de l´un des plus polyvalents corpus artistiques à savoir : les Arts de l´oralité, le conte et assimilés.

Avec l’appui de mes pairs et ainés, la vie au village de Conte Adjrou’houé est paisible. Depuis mars 2017 nous sommes dans un partenariat officiel avec la Maison de conte de Bruxelles/ Théâtre de la Parole de Bruxelles. Ce projet est institutionnellement reconnu et soutenu depuis le début par les autorités administratives (publiques et privées) et locales du Bénin.

« Adjrou’houé » est en quelle langue et quelle en est la signification ?

Adjrou’houé est en langue ‘’Fongbé’’ du sud Benin plus précisément d’Abomey. « Adjrou’houé » signifie maison du conte.

Quelles sont les différentes activités organisées au Village de Conte ?

Le Village de Conte Adjrou’houé est doté de la première bibliothèque spécialisée en Conte au Bénin. Il détient des modules spécifiques de formation recyclage en bibliothéconomie et a dans son plan prospectif, entre autre d´écrire ensemble avec ses partenaires dont les Universités du Bénin et le Ministère en charge de la Culture au Benin, une grammaire de la didactique et de la pédagogie commune à tous les Arts et spécifique à la discipline du Conte bénéfique au plus grand nombre, ceci afin d´aboutir à l´horizon 2025 à une École de Conte au Benin pour la promotion, la transmission et la vitalité d´une culture béninoise pure et virile.


Nous y menons entre autres activités : les Arts martiaux, de la lecture intimiste et publique, des jeux divers, des ateliers divers puis deux festivals de Conte décentralisés mais nationaux dédiés respectivement à l´enfance et à la jeunesse : ADJROU, COMME A L´ANCIENNE et RECIT+PLUS FOLI-FOLO. Depuis 2017, nous avons instauré un évènement à Noël dénommé SOURIRE D’ENSEMBLE afin de permettre aux enfants et jeunes qui fréquentent fidèlement la bibliothèque et d´autres, de bénéficier de la présence énigmatique de PAPA NOËL. L´innovation cette année est la série de scènes de révélation de talents ouvertes aux jeunes et aux enfants, dénommée provisoirement : A L´OMBRE DU BAOBAB. Car la localité regorge de jeunes talents impressionnants et émouvants.

Fête de Noël 2018 au Village Adjrou’houé

Recevez-vous du soutien de la part des autorités béninoises ?

Oui, un soutien institutionnel, le plus important. Au plan matériel et financier pas encore mais les pourparlers sont en court pour cela. Autrement on ne pourra tenir le long chemin.

Récemment, la France a annoncé la restitution de certaines œuvres d’art au Bénin . Quel est votre avis sur ce sujet et pensez-vous que le Bénin ait les moyens de prendre soins de ces œuvres de valeurs inestimables ?

A mon avis, c´est une bonne décision mais à prendre avec des pincettes. La réclamation est légitime et la décision de restitution sage. Seulement qu´il ne faudra consciencieusement et éminemment que le pays, notre pays le Bénin, prenne des lois prospectives immuables pour leurs bonnes conservations et que des spécialistes jeunes soient formés à la pelle pour cela. Autrement, même si l´actuel gouvernement fait ses efforts et qu´après, il n´y a pas de suivi ni de cadres compétents pour la gestion, ces objets de valeurs tomberont en ruine et le continent avec.

Au Bénin comme en Afrique, nombreux sont les jeunes qui évoluent dans le théâtre. Toutefois, il est constaté un manque de formation professionnelle en la matière. Selon vous à qui revient cette responsabilité ?

Un peu comme le maçon ou le menuisier est obligé d´apprendre son métier avant de pouvoir bien l´exercer, le comédien a l´obligation quel que soit son don ou son talent ou ses efforts sur le tas, d´aller à l´école du métier ou de faire beaucoup de stage tant dans son pays qu´ailleurs afin de s´enrichir. Ceci permettra par ailleurs d´éviter le tronc commun aveugle ou une polyvalence forcée où un seul artiste de théâtre ambrasse tous les corps de sous métiers du domaine.

Cette responsabilité incombe d´une part à l´Etat qui sous nos cieux a démissionné ou fait semblant d´exister, c´est à dire qu´ils sortent majoritairement l´argent du contribuable au nom du Théâtre et en disposent de manière très peu orthodoxe ou n´en sortent pas du tout. Quelques fois, ce sont des intermédiaires artistes ou des démarcheurs qui en disposent sous la complicité de l´hypocrisie collective. J´en ai la rage.

Au nom du Benin et de la grande Afrique, il faut que cela change.

Et c´est pourquoi depuis 4 ans j’ai instauré les ateliers de théories et pratique théâtrale : ‘’THEORIE PLUS’’, qui depuis lors, éjecte sur le marché du Théâtre béninois et africain de tous jeunes comédiens, conteurs et improvisateurs de grands talents.

Revenons un peu à vous ! Comment est née le surnom BAOBAB ?

Alors étudiant, je prenais sur moi la responsabilité de présenter à chaque professeur venu la première fois après les fêtes du nouvel, les vœux de l´année nouvelle au nom des camarades d´amphi et à la fin, je disais toutes les fois : SANTE DE BAOBAB. Ce nom m’a été attribué par les copains et par usure du temps, santé de BAOBAB est devenu : ‘’BAOBAB’’.

C´est bien plus tard que, commençant à percer sur la scène nationale, j´ai dû adopter ce nom comme nom d´artiste car il se rependait de plus en plus, il est fort et évocateur pour l’Afrique et en plus est en antipode de mon physique tout à fait squelettique. Alors quand on dit « BAOBAB » et que j´apparais, ça suscite le rire. Un peu de rire dans la morosité africaine et pour tiédir la tristesse ambiante de ce temps-là, ne ferait de mal à personne je crois, bien au contraire. J´ai trouvé ce surnom utile. Voilà pourquoi : ‘ « LE BAOBAB’ ».

Des plans dans un futur proche ?

  • Quelques aménagements du Village de Conte et d´importantes réunions de cadrages de 2019-2020 au Benin et à Bruxelles.
  • La préparation à la participation à des appels à projets artistiques nationaux et internationaux
  • Les ateliers préparatifs en leadership, prise de son live, écriture des formes courtes ‘’hôtesserie’’  et bibliothéconomie de démarrage d´un projet de coopération bilatéral : L´ART DANS L´ART en Janvier- Février.
  • La cinquième Édition de notre Festival : ADJROU COMME A L´ANCIENNE en Février-Mars 2019.
  • Les scènes trimestrielles de révélation de talents: A l´OMBRE DU BAOBAB.
  • Quelques mises en scène en vue de participations à des festivals de la sous-région : Sénégal, Burkina Faso, Togo et Niger.

Un dernier mot pour conclure cet entretien ?

Nous-nous portons volontaires et résolument engagés à porter à bras le corps, le riche patrimoine culturel de notre pays le Bénin, du continent africain tout entier et par extension leurs riches cultures et ‘’mines d´or’’ afin de les faire resonner dans le monde entier. Donnez-nous juste, le juste point d´appuis !

Pour contacter Fidèle ANATO alias le BAOBAB
Tel: 00229 96503739
E-mail : fideleanato@yahoo.fr
Facebook :
 Fidele Anato
YouTube :
Fidele Anato

Essenam K²

Journaliste Web Responsable du site

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3 Comments

  • Commenter :this time for africa

  • Mon frere,tous les mànes de nos ancétres t,accompagneront au bon port.

  • Super ….force a toi BAOBAB

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