La littérature Togolaise connait depuis 2012 une figure qui à travers ses écrits, véhicule des messages importants et dévoile les secrets de la vie à la société. Tel est le rôle que s’est donné l’écrivain Koffi Boko. Audace et motivation, sont ses maîtres-mots.

Bonjour Monsieur ! Présentez-vous à nos lecteurs s’il vous plait !
Bonjour MyAfricaInfos ! Mes parents ont trouvé digne de m’appeler Koffi Boko, ce que je signe depuis ! Je suis né un 12 novembre à Havé dans la préfecture de Zio au Togo.

Vous êtes professeur de Français et aussi écrivain. Est-ce à dessein ?
En effet, je suis enseignant de Français au lycée et aussi écrivain romancier. Je suis également doctorant en Droit à l’Université de Lomé.

En ce qui concerne mon parcours jusqu’à l’écriture, il faut dire que ce sont les difficultés d’intégration sociale qui m’ont plutôt ouvert la voie à l’acte scriptural. Tout petit, j’avais vraiment du mal à articuler les consonnes fortes de ma langue maternelle, l’éwé (langue locale parlée au sud du Togo, Ndlr). Ainsi dans l’environnement moqueur qui était le mien, je ne pouvais que me sentir intimidé par les uns et les autres. Je vivais entièrement replié sur moi-même. Frustration et malaise restaient mes compagnons de tous les instants. Petit donc, je vivais mal aussi bien dans mon corps que dans mon esprit.

L’école, surtout les livres, m’ont permis de reconstituer les quelques lambeaux humains qui tentaient jusque-là de me maintenir encore en vie. Le livre est mon fidèle ami, je l’avoue avec fierté aujourd’hui. J’ai grandi sous l’ombre des livres et je nourrissais depuis fort longtemps de partager mes amères expériences d’enfance aux autres à travers l’art d’écriture, la littérature. La vie m’a fait rencontrer d’autres personnes plus expérimentées. Ce qui a évidemment nourri pour ainsi dire mon désir ardent de devenir écrivain.

En décidant de partager votre douleur à travers l’écriture ; avez-vous trouvé du réconfort ?
Bien sûr ! La plume sert justement à cela. L’effet cathartique, la purgation des passions et désirs refoulés. L’écriture est pour moi le moyen sinon le premier moyen de mieux vivre.
Le vivre- mieux n’est pas ici au sens matériel. Il faut l’appréhender sous l’angle de réalisation de soi, une résilience pour faire court.

Quels sont à ce jour les ouvrages que vous comptez à votre actif ?
Depuis 2012, j’ai publié trois œuvres littéraires.
Vies et ombres : un recueil de 4 nouvelles dont La fille du quai ; Sur l’avenue des Sèvres ; L’imposture et Venin d’amour.
Nawir : un roman de 200 pages qui parle d’amour, de trahison et d’engagement vers la société.
Les poussières des temps : ce recueil de nouvelle, traite des différents faits ayant marqué l’actualité africaine et internationale en 2013 ; de l’épidémie du virus Ebola à l’attentat de Charlie Hebdo en passant par l’enlèvement des jeunes lycéennes nigérianes. Sur les poussières des temps : c’est également l’émouvante histoire de Miguel qui tente de sauver dans une société à résilience zéro.

Par ailleurs, il y a Bonheur en téléchargement, un roman en cours d’édition que j’ai coécrit avec Koffi Assigno ; un ami résidant aux Etats-Unis. Ce roman parle de la migration surtout les difficultés des migrants aux pays de l’oncle Sam, les États-Unis d’Amérique.

Le métier d’écrivain comporte-t-il des difficultés ?
Les difficultés ? Il y en a toujours, pour le bien je dirai. À mon niveau c’est plutôt comment trouver les justes opportunités pour réaliser mon rêve. Je suis toujours à la recherche de moyens, je veux dire par là des ressources pas toujours financières.
Il s’agit ici de tout ce qui peut aider à réaliser mon rêve premier, celui de parvenir à reconstruire ma vie, entre-temps brisée par les moqueries des uns et des autres. C’est donc une question d’augmenter ma capacité de résilience.

Au-delà de vos engagements littéraires, vous travaillez parallèlement avec des maisons d’éditions. Comment cela se passe ?
Bien-sûr, outre l’enseignement, je suis actif dans le domaine d’édition avec les éditions Awoudy et également avec les éditions Harmattan Togo. C’est un travail assez passionnant, étant donné les échanges après les lectures. Il y a souvent un comité de lecture qui doit valider en confirmant ou infirmant la publication du texte lu. Un vrai partage d’expériences donc.

Je suis également dans le mouvement associatif pour le développement. Là, je suis engagé dans les activités de conception et de réalisation de projets de développement.
Principalement, il s’agit des projets qui visent l’épanouissement socioculturel des peuples démunis. Par le passé, j’ai contribué à installer des bibliothèques et des cases de santé etc. Conseils et suivi des projets en milieu rural, entre autres.

Il est rare que des auteurs Togolais soient cités dans l’enseignement au Togo. Comment expliquez-vous cette absence ?
C’est regrettable !
Il faut reconnaître qu’aujourd’hui au Togo, les autorités sont conscientes de cette carence et ne tarderont pas à rectifier le tir. C’est tout notre souhait.

Quels sont les auteurs africains qui vous inspirent le plus et pourquoi ?
Sans chauvinisme, j’aime aujourd’hui des auteurs tels que Kangni Alem, Sami Tchak, et d’autres encore.

Que pouvez-vous dire aux amoureux de la lecture et/ou de l’écriture ?
Je regretterais cette interview sur l’écriture et du coup sur le livre si je manquais de citer Jules Renard : ” Quand je pense à tous les livres qu’il me reste à lire, j’ai la certitude d’être encore heureux “.
L’écriture ou du moins, le livre rend heureux. C’est un vrai moyen de guérison et aussi de résilience. Le monde vivrait encore mieux si nous lisions plus.
En guise de conseil, eh bien c’est la persévérance dans le travail.

Merci à vous pour ces échanges.
C’est moi qui vous remercie !

Contacts de M. Koffi Boko
E-mail: bokoffi@yahoo.com
Tel.: +228 90299961 (WhatsApp)
Facebook: https://www.facebook.com/koffi.boko.75
YouTube: https://www.youtube.com/watch?v=07dsh5a0LSE&t=14s

 

Propos recueillis par Jacob K.

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