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Tendances capillaires/ Les locks pour cultiver la confiance en soi!

Retourner au naturel, puis aux locks ? L’exercice n’est pas du tout facile. Cette aventure capillaire suscite beaucoup de commentaires et de remarques parfois désobligeantes dans l’entourage des “locksées” ou simplement lorsqu’elles passent dans la rue. Chaque dreadlocks a son histoire et il y a toujours une raison qui pousse une femme à adopter les dreads , chacune vivant son aventure différemment.

Les locks, qu’est-ce que c’est ?

Appelés locks, rasta, drealocks, les locks sont des mèches de cheveux emmêlées naturellement.Elles se forment seules, si les cheveux sont laissés sans l’utilisation de brosses, peignes, rasoirs, ou ciseaux.

La technique dite des vanilles, twist en anglais, consiste à tresser les cheveux à partir de deux mèches et non trois, et ne plus défaire les tresses. Après plusieurs mois, les tresses deviennent des dreadlocks. Les locks se forment de manière naturelle ou par manipulation.

En résumé, trois méthodes permettent d’obtenir les locks: le crêpage, le twist et le latching qui sont des tresses et la méthode traditionnelle.

On choisit  la méthode de départ des locks en fonction de la texture des cheveux, de la grosseur et de l’effet recherché. Il y a les sisterlocks, les locks auxquelles on donne une forme libre ou les locks traditionnelles.

On parle ainsi des locks dans la Bible : « « Aussi longtemps que le voué à Dieu sera consacré par son vœu, le rasoir ne passera pas par sa tête ; jusqu’à ce que ce soit écoulé le temps pour lequel il s’est voué à Dieu, il sera consacré et laissera croître librement sa chevelure », Nombre 6 verset 5.

Les principales raisons qui peuvent pousser à passer aux locks

De nos jours, ce ne sont plus les chanteurs de reggae qui arborent les locks. D’ailleurs, elles existaient avant le mouvement rastafari. Dans certains milieux professionnels, les cheveux naturels sont mal vus, les locks encore plus.

L’histoire a démontré que les peuples à travers tous les continents ont toujours porté les locks. On les retrouve en Afrique, en Asie plus particulièrement en Inde. Les dreadlocks sont portées par différents peuples d’Afrique, homme comme femme, parfois selon le groupe social: les tiédo-Sérères, Akans, Masaïs, Bantous, peuples nilotiques, Peuls, Soninkés, etc.

Au Sénégal par exemple, le Baye Fall (les disciples du mouridisme, une confrérie de l’islam indigène au pays qui fut fondée en 1887 par Ahmadou Bamba), est connu pour le port de dreadlocks et de toges multicolores. Chez les Wolofs, les coiffures en locks étaient autrefois portées par les rois et la classe guerrière des Tiedos.

Dans ces cas précités, le port des dreadlocks a une connotation religieuse, spirituelle, politique ou tout simplement identitaire.

En Egypte ancienne, les dreads se portaient fréquemment chez les personnes de pouvoir. En effet, des archéologues ont retrouvé des membres momifiés de la famille royale avec des cheveux emmêlés.

Beaucoup de femmes sont passées aux locks, non pas pour montrer le côté rebelle qui sommeille en elles, mais juste pour s’affirmer, pour démontrer leur confiance en elles.

« Je suis au naturel depuis deux ans. Après avoir défait une coiffure protectrice j’ai eu une perte de cheveux effroyable. L’idée de passer aux locks me hantait depuis un moment. Avec ma perte de cheveux, j’ai fait le grand saut », témoigne dame Afoutou, mère de deux enfants et Secrétaire de direction dans une société dans la capitale togolaise.  Comme Mme Afoutou, Elise aussi est passée par la case perte de cheveux après une maladie. Elle a souffert d’une anémie.

Toutefois, les lockticiens et les lockticiennes conseillent de débuter cette aventure capillaire avec des cheveux en bonne santé. Si vos cheveux sont cassants et faibles, retardez le départ et faites des soins. Les dreads ne sont pas aussi résistants qu’on le pense. Ce sont des cheveux et ils se cassent lorsqu’on ne les entretient pas.

Quant à Assibi 21ans, étudiante en année de Licence en Sociologie à l’Université de Lomé, elle a adopté les dreadlocks par convenance. « Je suis passée aux locks parce que j’avais envie de changer de coiffure. Les locks sont un style de coiffure pour moi. Elles me font me sentir bien dans ma peau.  Je me sens belle avec elles ».

La plupart des femmes interrogées sont passées aux locks parce qu’elles les considèrent comme une coiffure comme les autres. « Pour commencer les locks, j’ai demandé  à ma coiffeuse de  me faire des twists à deux brins. Avec une bonne dose de patience, j’ai laissé mes « babies» devenir des teenagelocks. Puis, elles ont atteint la maturée un an et demi après ».

Etonam elle, est passée aux locks par conviction religieuse. Vraie rasta, elle a fait un vœu à « Jah » (Dieu chez les rastas). Elle a adopté des habitudes sexuelles en plus d’un régime alimentaire basé sur la consommation de fruits, légumes et céréales. Elle est végétarienne et exclut toutes les protéines animales de son alimentation. Elle dit ainsi augmenter son « livity » « énergie vitale » en langage rasta. Pas question pour elle de consommer des produits en conserve. Elle ne boit pas l’alcool et évite au maximum le sel et utilise abondamment les herbes et les épices. Humm… que de saveurs…

Par ailleurs, la viande est considérée comme un aliment de mort selon la croyance rastafari. Sa consommation transformerait l’organisme en « cimetière ».

Les avantages des locks

Avec les locks, on n’a pas besoin d’aller chez la coiffeuse pour être coiffé. On l’est tout le temps. De l’avis des porteuses, on économise énormément avec les dreads. « Depuis deux ans que je porte les locks, je ne dépense plus pour mes cheveux. Les coiffures avec les rajouts, les tissages et les perruques ont un coût. Je fais beaucoup d’économie, je fais les reprises moi-même. J’ai tout appris sur youtube », confie Anaïs 35 ans, Secrétaire de direction. « Avec les locks, nous dit Kayi, âgée de la soixantaine, qui arbore fièrement ses sisterlocks, j’ai dit adieu à ma coiffeuse. Ce sont mes filles qui me font les reprises. Les locks me simplifient la vie». Comme toutes les locksées, elles regrettent de n’avoir pas passé aux dreadlocks plus tôt.

Les préjugés qui entourent les locks

De nombreux préjugés planent sur  les porteurs de locks. Ils sont parfois traités de rebelles, de délinquants, de voyous et par-dessus tout de drogués et même de dealers. Rien à voir.

Toutes les personnes qui portent les locks ne sont pas forcément des rastas. C’est l’amalgame qui se fait autour de cette coiffure. « Ce qui m’énerve avec mes locks. C’est qu’on m’appelle rasta alors que je n’en suis pas une. Je ne suis pas les préceptes du rastafarisme. Je porte cette coiffure parce que je l’aime », confie Kékéli, une mère de famille qui porte ses quarante nattes depuis 14 ans.

« Certaines personnes sont choquées de voir mes dreads, mais apprécient les faux locks. Elles ne comprennent pas qu’une femme puisse porter de vraies locks. C’est étrange ! Du moment où je me sens bien dans ma peau, j’ignore toutes les remarques désobligeantes », a laissé entendre Seyram 32 ans, locksée depuis 5 ans.

Locks : les précautions à prendre

C’est une phrase que toute locksée connait : « L’ennemie des locks, c’est la poussière ». Il faut se protéger la tête contre la poussière qui s’incruste au fond de la lock. Elle ne s’enlève pas avec les shampoing. Il faut éviter les gels, les beurres et les huiles lourdes qui captent la poussière et qui forment des résidus dans les dreads. Ce n’est pas du tout joli à voir. Lorsque les résidus sont trop visibles, les lavages successifs à la bicarbonate et au vinaigre ne donnent plus de résultat. La solution ultime, ce sont les ciseaux. Un big shop et on peut recommencer ou non le processus. Ce n’est pas notre souhait !

En outre, il faut éviter de faire les reprises le plus souvent. Un mois, c’est le minimum. 3 à 4, c’est l’idéal, il y en a qui vont jusqu’à 6 mois. Trop de reprises affinent la racine des locks qui finissent par se casser. Laissez vos locks respirer. C’est dur comme conseil, mais c’est le meilleur.

Comme les cheveux normaux, les locks ont besoin d’hydratation, de soins et les dreadlocks apprécient les bains d’huile. En passant aux locks, faites appel à votre vaporisateur. Il sera votre meilleur allié. Privilégiez les huiles naturelles et légères, et les huiles essentielles.

Avant de passer au lit, couvrez-vous la tête avec un bonnet en satin ou des bonnets « rasta ». Ce n’est pas très sexy, mais cela y va de la santé de vos dreadlocks.

Les locks sont magnifiques, mais avant de franchir le pas, il faut bien réfléchir. Pensez à votre entourage. Informez-les, discutez avec vos parents, votre homme, vos ami(e)s pour voir ce qu’ils en pensent avant de faire le grand saut. « Ma mère pensait que les locks allaient complètement changer ma façon de vivre. Elle craignait que je fume de « l’herbe » ou que je fasse de vilaines choses », témoigne Egnonam, maîtresse coiffeuse. « Après trois ans d’aventure, elle a trouvé que j’ai gagné en confiance, mais que je suis restée la même malgré tout. Elle adore mes lianes et veut même faire des sisterlocks », ajoute la jeune femme. Ne commencez pas cette aventure capillaire sous l’effet de la tendance, parce qu’une amie est passée aux locks, je dois le faire aussi. Non ! Chaque locks est unique et chaque personne a son parcours. Vous n’aurez jamais la même tête que l’actrice whoopy Goldberg, la chanteuse Lauryn Hill ou le mannequin Nerissa Irving.

D’aucuns pensent qu’avec les locks, c’est avoir la même tête tout le temps. Et vous mesdames les locksées, comment portez-vous vos locks et comment vivez-vous cette aventure capillaire?

Rita T.

Journaliste

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