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Quand la dépendance devient un frein pour l’économie africaine

Dans la généalogie des débats sur le développement de l’Afrique, l’on ne parle pas assez de ce phénomène et pourtant, il est présent, bien ancré dans les esprits et les habitudes ; peut-être le fruit d’un traumatisme post colonial ou simplement un comportement issu de la culture africaine, la dépendance tue l’Afrique, pas comme un pistolet automatique ou une bombe à fragmentation, mais comme un cancer qui la ronge de l’intérieur, difficile à isoler, difficile à guérir, car difficile de trouver la racine.

S’autosuffire était un concept lointain qui a commencé à s’imposer à l’esprit d’une Afrique en quête d’identité. En effet jusqu’à récemment, l’on avait érigé en norme général un autre concept qu’on ne prononce jamais, mais qu’on observe aisément chez l’Africain. La dépendance, puisque c’est de cela qu’il s’agit, se nourrit depuis toujours de ceux qui la pratiquent.

L’Africain s’est-il inspiré de cette pratique ancestrale qui amenait les parents à léguer des terres à leurs progénitures à l’âge adulte ? Nul ne saurait le confirmer. Peut-être était-il approprié à une autre époque de s’occuper des enfants jusqu’à un âge avancé parce que les ressources abondaient. Toutes les contrées du monde ont connu une époque où l’héritage était le bon sens le mieux partagé. C’est en ces moments qu’en Occident le mot « testament » était devenu vraiment sacré auprès des familles. Parallèlement en Afrique où la tradition orale avait droit, les parents indiquaient les biens aux enfants avant leur mort pour éviter toute querelle après leur décès. Dans tous les cas, des événements comme l’esclavage, la colonisation, les indépendances ont remis tout cet ordre en cause, faisant désormais de l’Afrique un continent attisant les convoitises d’autres races, et obligé de se battre pour se faire un nom dans la mondialisation. Mais les fameuses indépendances, certes, un bluff du colonisateur mais basé quand même sur un concept de liberté, n’ont jamais permis à l’Africain de se libérer de la dépendance.

La dépendance en Afrique est ancrée à tous les niveaux. En effet, sur le continent de Mamadou et Bineta, la majorité des femmes pensent que leur réussite dans la vie passe par la rencontre d’un homme qui financerait tout leur projet : habillement, nourriture, instruction et mariage. Sur le continent de Mamadou et Bineta, lorsque l’on finit ses études, l’on doit attendre gentiment  que l’Etat nous fournisse un bureau, un travail et un salaire ; dans le cas contraire, l’on reste fièrement dans le chômage. Enfin sur le continent de Mamadou et Bineta, lorsque le président traite mal le peuple, ce dernier appelle l’ancien pays colonisateur à la rescousse, pour être « sauver des griffes du tyran ». Comme dans la plupart des cas le « tyran » est de mèche avec l’ancien colon, cet appel trouve rarement échos.

Le phénomène se remarque également dans une famille où un membre a réussi à se hisser socialement au sommet de la pyramide ; parce que leur frère ou oncle est devenu ministre ou directeur général, tout le village ou la communauté ou encore la famille élargie, va cesser tout effort d’autosuffisance pour se concentrer sur ses ressources financières jusqu’à épuisement. Ici intervient le phénomène de la jalousie et de la sorcellerie lorsque le directeur ou le ministre refuse de satisfaire tout le monde faute de moyens. La dépendance est un cancer qui ronge l’Afrique depuis les racines familiales.

Aujourd’hui, seuls face à l’immensité d’un monde qui broie les faibles, il faut se demander quel est le comportement qui conduit au développement ? Une chose est sure, la dépendance elle, le tue. Ce qui manque à l’Africain c’est l’autosuffisance à tous les niveaux. Concernant les femmes, ayons le courage d’affirmer que le mariage n’est pas obligatoire mais la sécurité financière, si. Concernant les diplômés, ayons le courage d’accepter que l’Etat ne peut donner du travail à tout le monde, mais que l’initiative personnelle et la créativité, si. Quant au peuple qui attend d’être sauvé, ayons le courage de reconnaître que l’unité permanente et stratégique contre le despote est beaucoup plus efficace qu’une politique de l’hypocrisie dissimulée.

En prenant ma plume d’ébène, j’attire les regards l’instant d’une lecture. Mais que se passe-t-il après ? Les générations qui arrivent derrière attendent d’être nourries…de dépendance ou d’autosuffisance.

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Dewou T.

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