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Diaspora/ DJ Koolface : « Quand on aime quelque chose, obligatoirement on le fait avec beaucoup d’amour et sans contrainte »


Il est DJ de formation, et c’est avec une grande passion qu’il exerce son métier. Très connu dans le monde médiatique togolais dans les années 2000, DJ Koolface n’a pas changé de cap. Il a évolué en mieux et projette mettre en place un label de production en France où il réside, avec la possibilité de l’étendre vers sa terre natale.
Voulez-vous en savoir plus sur son parcours ? Lisez cette interview !

Bonjour ! Présentez-vous à nos lecteurs s’il vous plait

Salut je suis Sedzro Kossi alias DJ Koolface pour mes fans, Cool ou Face pour mes amis. Je suis Disc-Jockey depuis un bon bout de temps ; aujourd’hui ingénieur du son et réalisateur radio par la suite. Je suis togolais et je vis en France.

Vous êtes un Disc-Jockey (DJ) confirmé ! Pourquoi « Kool Face » ?

Au tout début de ma carrière vers la fin de mes années collège et début lycée, à l’époque des cassettes et des decks, je me faisais appeler Cool Mc ou Mc Cool donc c’est Mc Cool qui est devenu Dj Koolface quand je suis devenu professionnel dans le métier au début des années 2000. Cool Mc et Dj Koolface c’est dans la même vision, c’est la même description de ma personnalité qui est celui de quelqu’un de cool et timide mais qui a surtout le feu à l’intérieur. Littéralement ça veut dire face tranquille mais en réalité ça signifie force tranquille.

Vous êtes beau-gosse ! Peut-on dire que c’est aussi pour cette raison ?

Peut-être ! (Rire)

DJ Koolface

Vous êtes l’un des meilleurs acteurs de la scène culturelle que compte le Togo. Pourquoi avoir quitté Lomé ?

Je suis né à Lomé donc tout a commencé là. J’y ai donc commencé ma carrière, que ce soit le DJing, l’animation Radio et télévision. Mais quand tu évolues dans une petite ville comme Lomé avec de grandes ambitions, celle de toucher le ciel, à un moment on a l’impression de ne toucher que le plafond ; l’impression d’être coincé parce qu’il n’y a plus d’autres issues, on se retrouve trop grand dans un monde trop petit. A un moment, Lomé est dès lors devenue toute petite parce que j’ai fait le tour de presque toutes les boîtes de nuit et surtout le métier était mal payé. Il fallait donc que je trouve d’autres débouchés, il fallait que je rencontre d’autres personnes et vivre d’autres expériences. Par conséquent, mon départ de Lomé, c’est juste une échappatoire afin d’aller découvrir d’autres choses et revenir pour mieux servir mon pays.

Qu’est-ce qui vous a motivé à faire carrière dans le showbiz ?

Ce qui m’a ouvert la porte sur le showbiz à Lomé, ça a été ma passion pour la musique, l’amour pour le micro. C’est aussi le fait de devenir DJ et ensuite animateur à la radio (Fréquence 1) et à la télévision (TV7) à Lomé entre 2002 et 2009, animateurs de variétés musicales, bref c’est la musique dans tous les sens. A partir de là, automatiquement on s’entoure d’artistes, de Managers, de producteurs et tout ça, on se retrouve dans le système comme ça tout naturellement. Je dirais tout de suite que c’est juste pour l’histoire d’amour entre la musique et moi. Je veux voir les artistes togolais évoluer malgré toute l’ingratitude qu’on peut constater dans le métier. Je m’étais mis à leur service quand même ; voilà !

Parlez-nous un peu de votre parcours.

J’ai commencé ma carrière de DJ à Lomé très tôt, et je me rappelle encore la première soirée animée par Cool MC, c’était le pique-nique de fin d’année (afternoon jump), j’étais en classe de 3ème en 1995, l’époque des cassettes et des Decks comme je l’avais dit tantôt. Je me rappelle qu’on nous appelait ‘’Technicien’’ à l’époque (rire). Puis au début des années 2000 on a effectivement commencé de façon professionnelle. Ma première discothèque était le Chess BCBG de l’hôtel 2 Février. Ensuite, je suis passé aux radios et à la télévision. J’ai fait pas mal de scènes à Lomé notamment le CCF (Centre Culturel Français) aujourd’hui Institut Français du Togo, ou le Palais des Congrès de Lomé, en tant que DJ ou présentateur et après j’ai quitté Lomé en 2008 pour Bamako, Dakar, Ouagadougou, Accra ; bref j’ai sillonné pas mal de capitales africaines pour enfin atterrir en France.

Un parcours très riche en expériences ! D’où tirez-vous votre inspiration pour votre travail ?

Eh bien, je crois que dans la vie quand on aime quelque chose, on le fait avec beaucoup de passion, d’amour et l’inspiration. Je crois que c’est tout naturel. J’aime voir les gens s’amuser, je crois que mon autre inspiration vient de là. Quand j’ai du monde en face de moi, ma force de mixe se décuple.

Qu’est-ce qui fait la force de DJ Kool Face ?

Je dirais que quand on aime quelque chose obligatoirement on le fait avec beaucoup d’amour tout naturellement et sans contraintes. Et quand on veut être meilleur, il faut de la persévérance et beaucoup d’entraînements. Les gens ont tendance à penser que le DJing ce n’est pas vraiment un boulot. Eh bien, aujourd’hui je leur dis non, c’est un boulot à part entière. Il faut des entraînements, il faut persévérer, il faut se mettre à jour, étudier et surtout avoir une playlist d’enfer. En même temps, je ne peux pas étaler tous mes secrets ici ! Je dirais juste qu’avec le temps je me suis pas mal amélioré. Comme du vin, je me suis bonifié avec plus d’expériences.

Avec autant d’expériences et de savoir-faire, pensez-vous un jour ouvrir une école de DJ en Afrique et dans votre pays en occurrence ?

J’avais déjà ouvert une école de DJ à Lomé en 2003 qui avait été parrainée par le Ministère de la Culture. J’avais eu des élèves et tout a duré environ 1 ans et plus. Après j’ai dû fermer l’école parce que ça n’avait pas fonctionné comme je le voulais. Bah aujourd’hui ouvrir une école de DJ encore à Lomé, je dirais, je ne suis plus très chaud, plutôt sceptique parce qu’avec les nouvelles technologies aujourd’hui tout le monde est devenu DJ. Le DJing n’est plus ce qu’il était à l’époque. Donc mes projets d’avenir pour le Togo c’est peut-être un studio de production de musique, un label, une discothèque pour embaucher des jeunes DJ voilà !

Depuis vos premiers pas dans le showbiz, quelle est l’expérience qui vous a le plus marquée ?

Je dirais qu’en 2006, j’étais le DJ officiel du tout premier Togo hip-hop Awards jamais organisé, au Palais des Congrès de Lomé avec comme animateur principal Masta Régis de Africa numéro 1. Et mon plus gros moment de frisson le soir-là, ce fut quand vers la fin du show, Masta Régis est venu me chercher derrière mes platines, m’a emmené devant la scène et a dit au micro : “vous connaissez ce gars ? en tout cas moi je ne le connaissais pas avant mais je suis sûre qu’il est l’un des meilleurs DJ au Togo”. Les cris et les applaudissements qui ont suivi ont failli me faire tomber dans les pommes.

Cette belle histoire donne la chair de poule ! Alors dites-nous, y a-t-il des DJ qui ont influencé votre engagement ? Si oui lesquels ?

Des DJ ? Il y en avait pas mal à l’époque quand j’étais encore sur les bancs d’école qui m’ont vraiment inspiré. Mais il y avait de très bons, ceux qui mixent avec des platines et vinyles pour moi ce sont les meilleurs, des magiciens en fait. A l’époque, j’étais vraiment fans des DJ comme Cino de Oro night-club (Lomé), DJ Papa de Byblos, Ayo de Oro night-club, Joe Amadou (RIP) et DJ Winnie au Byblos.

Pouvez-vous justement nous donnez des noms de DJ que vous admirez au Togo, en Afrique ou dans la diaspora ?

Au début des années 2000 quand je suis rentré dans la cour des grands de façon professionnelle, il y avait pas mal d’autres DJ, les anciens et ceux de ma génération qui me faisaient la concurrence, de très bons DJ comme Michael qui est à Bamako en ce moment, DJ Hippolyte qui était un peu mon doyen (RIP) ou DJ Pascal (ORO NIGHT CLUB) paix à son âme. J’étais surtout très influencé à l’époque par des Dj basés aux Etats Unis comme Funk master, Flex DJ Kool qui étaient de terribles DJ hip-hop et R’n’B rap à l’époque aux États-Unis et bien sûr au début de ma carrière j’étais vraiment très influencé. DJ Koolface était très hip-hop vu que moi-même j’étais déjà rappeur quand j’étais au lycée donc voilà. Et aussi DJ Cut Killer avec qui j’ai eu à suivre des cours de Scratch par correspondance.

A part votre activité de DJ, quelle autre activité occupe votre temps ?

Je suis un ingénieur du son, je bosse dans le média.

Quel média ? Et sur quelles fréquence et périodicité peut-on vous suivre ?

Je suis un DJ avec un diplôme d’ingénieur du son, de journaliste, réalisateur radio. Actuellement, je suis plutôt en free-lance et je travaille de temps en temps avec des radios. Vous pouvez écouter mes mixes sur la web-radio Génération-Hit.com tous les samedis de 20h à 21h.

Des projets en cours ?

Oui ! Un label de production de musique à commencer par un studio d’enregistrement au niveau de la France dans un premier temps et ensuite on verra comment l’étendre sur Lomé.

Qu’auriez-vous fait comme métier si vous n’aviez pas été DJ ?

J’aurais pu être artiste chanteur musicien pour faire du zouk comme Toto Patrick ou Jean Marie Ragald, Jim Rama…Bref j’adore le zouk (rire)

Votre plus beau souvenir ?

Dans mon milieu les souvenirs il y en a plein ! A la radio Fréquence1 par exemple j’animais une émission tous les mardis soir à partir de 18h qui s’appelait Vibration Tropicale ; du 100% zouk. Ce que je partageais avec mes auditeurs reste un beau souvenir. Ou à la télévision quand tu tends le micro à des icônes de la musique, des stars comme Jacob Desvarieux, Claudy Siar, Kaysha, Princess lover, Tiken Jah, Nimon Toki, Jimi Hope…, parler sur un plateau de télévision ce sont de très beaux souvenirs. L’un de mes plus beaux souvenirs c’était encore à Lomé au Palais des Congrès un an plus tard après le Togo hip-hop Awards, la sortie officielle de l’album HOPE ROW au Palais des Congrès de Lomé avec comme invité Passi des Bissso. J’étais encore le DJ officiel sur scène, j’ai fait le bac à Passi c’était vraiment sympa !

Votre plus grand regret ?

Je n’ai pas de regret. J’essaie de vivre de ce que j’aime et c’est mon plus grand bonheur.

Votre plus grand rêve ?

Des rêves ! j’en avais et par la grâce de Dieu aujourd’hui je ne peux pas me plaindre. Aujourd’hui mon plus gros rêve, mon plus grand rêve c’est de me faire plaisir et faire plaisir aux autres c’est de me rendre heureux en faisant ce que je sais faire le mieux ! Faire danser un plus grand monde, semer la joie partout avec mes mixes.

Votre citation préférée ?

“Hâte toi de bien vivre, et n’oublie pas qu’un jour à lui seul est une vie” ; DJ Koolface

En couple ou cœur à prendre ?

Je suis célibataire !

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui rêvent d’être DJ ?

Être un artiste ce n’est pas un travail ordinaire et je veux dire par artiste musicien chanteur, footballeur, basketteur et tout le reste. Ce ne sont pas des boulots ordinaires. C’est une vocation. Donc pour être DJ, il faut être un vrai passionné de musique ; cela n’a rien à voir avec un stage ou allez apprendre à mixer. Si tu n’as pas cette passion, tu ne seras jamais un bon DJ. Il faut d’abord être un passionné de musique.

Quelle est votre vision pour l’Afrique de demain ?

Pour moi, l’Afrique reste un grand champ à défriser. Depuis que je suis arrivé ici en France, quand je fais ma projection sur l’Afrique je me rends compte qu’il reste encore pas mal de choses à faire. Et, un champ resté trop longtemps en jachère est un champ qui est encore très fertile. L’Afrique pour moi, c’est le futur.

Quels conseils à la jeunesse africaine en général ?

Nous sommes cette jeunesse et cette jeunesse ne doit en aucun cas oublier les réalités de l’Afrique. Voyager, immigrer, aller chercher le bonheur est une chose, mais on ne doit jamais oublier d’où l’on vient car nous avons tous une dette envers notre continent, l’Afrique.

DJ Koolface, vos mots de fin !

Pour moi vivre de ce que l’on aime faire, c’est la plus grosse chance que l’on puisse avoir parce que cela procure un bonheur infini et moi Koolface je ne suis pas devenu millionnaire ou milliardaire comme DJ mais je suis heureux à ma façon. Heureux juste pour le simple fait de faire le bonheur des autres. Et je vais profiter pour dire merci à Myafricaninfos.com qui m’a approché pour cette interview et ce fut un grand honneur pour moi. Merci à toute l’équipe !

Pour contacter DJ Koolface:
E-mail : koolfacefan2@gmail.com
Facebook :
Koolface Aks / Koolface Officiel
Instagram :
Koolface_The_Legend
YouTube :
DJ Koolface

Essenam K²

Journaliste Web Responsable du site

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